PEJDC

Le chômage et le sous-emploi sont d’énormes défis auxquels doit faire face le Burkina Faso dans la gestion du développement. En effet, malgré une croissance soutenue, l’économie burkinabé n’a pas pu produire le type d’emplois nécessaires pour inverser la courbe du chômage des jeunes.

Pour relever le défi de l’insertion professionnelle des jeunes, le Gouvernement du Burkina Faso a mis en place le Projet Emplois des Jeunes et Développement des Compétences (PEJDC) avec l’appui de la Banque Mondiale.

Ce projet est une première étape dans la stratégie à long terme du Gouvernement, pour permettre à la fois d’offrir immédiatement des emplois et des revenus aux jeunes actuellement au chômage  et de jeter les bases d’une stratégie de création d’emplois par des activités novatrices. 

I.       Objectifs du PEJDC

Le PEJDC a pour objectif global de favoriser l’accès à des emplois et l’acquisition de compétences professionnelles par des jeunes hommes et femmes, de 16 à 35 ans, peu ou pas scolarisés, en vue de leur ouvrir des opportunités d’insertion durable dans le marché du travail. Les objectifs spécifiques assignés au projet sont :

  • améliorer l’accès des jeunes à des emplois temporaires à travers des Travaux à Haute Intensité de Main-d’œuvre;
  • améliorer l’accès des jeunes à des opportunités de développement des compétences et de l’employabilité par la formation professionnelle et la formation en entreprenariat;
  • renforcer les capacités institutionnelles pour améliorer la base de connaissances sur l’emploi et les jeunes.

II.      Composante du PEJDC

Pour atteindre ses objectifs, les activités du projet ont été regroupées en trois composantes :

  • Composante 1 : Travaux à Haute Intensité de Main d’œuvre (THIMO) ;
  • Composante 2 : Développement des compétences des jeunes ;
  • Composante 3 : Renforcement des capacités institutionnelles et gestion du projet.

II.1.   Composante 1 –Travaux à Haute Intensité de Main d’œuvre

La cible principale de cette composante concerne les jeunes de 16 à 35 ans, non-inscrits dans aucune forme d'éducation, formelle ou informelle.

Durant le projet, il est prévu l’enrôlement de 31 000 jeunes hommes et femmes  dont 16 000 en zones urbaines et 15 000  en milieu rural. Au moins 30% de ces participants seront  des femmes.

II.2.   Composante 2 : développement des compétences des jeunes

Cette composante vise à améliorer les compétences professionnelles de base des jeunes pour accroître leur employabilité et productivité à travers 3 sous-composantes :

  1. le développement de la formation professionnelle initiale ;
  2. le programme de formation par apprentissage ; 
  3. le programme de formation en entreprenariat et l’accompagnement des promoteurs.

Le développement de la formation professionnelle initiale basé sur l’alternance dans les secteurs économiques (Sous-Composante 2-1 A) et la mise en place d’un dispositif de formation à la demande (Sous-Composante 2-1 B) est mis en œuvre par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF).

Au niveau de la sous-composante 2-1 (A), le projet appuie la CCI-BF pour la mise en place de deux centres et la formation de 1 800 jeunes dans les filières du Tourisme-hôtellerie et du Bâtiment et travaux publics.

Pour la sous-composante 2-1 (B), le projet appuiera à travers la mise en place d’un dispositif de formation à la demande la formation de 2 000 jeunes.

Le programme d’apprentissage exécuté par l’ANPE, offrira à 4 000 jeunes des opportunités d’apprentissage dans des secteurs porteurs au sein de petites entreprises (artisans), en particulier dans le secteur informel qui représente la grande majorité de l’offre potentielle de ce type de service, en privilégiant une formation par alternance.

L'approche de formation en alternance comprend une formation en classe représentant un tiers du temps total d'apprentissage, le temps restant (deux tiers) étant consacré à un apprentissage sur le tas auprès de maîtres artisans et dans les  petites entreprises.

La formation en entreprenariat et l’accompagnement des promoteurs par une facilitation de l’accès aux financements et un accompagnement à la formulation et la création de micro-entreprises est mise en œuvre par la MEBF.

Le but de cette sous composante est de développer la capacité entrepreneuriale chez les jeunes et de promouvoir l'émergence d'une nouvelle génération de créateurs de micro-entreprises durables.

II.3.   Composante 3 : Renforcement de la capacité institutionnelle et gestion du projet

Le but de cette composante est :

  1. d’aider au renforcement des capacités des institutions publiques et privées afin qu’elles s’engagent régulièrement dans la politique de développement sur les compétences et l’emploi par le renforcement de la capacité technique ;
  2. d’améliorer les connaissances de base sur l'emploi des jeunes ;
  3. de renforcer les compétences de l’unité de coordination.

III.    Stratégie de mise en œuvre

Le projet est placé sous la coordination du Ministère de la Jeunesse, de la Formation et de l’Insertion Professionnelles (MJFIP). La gestion fiduciaire, la coordination, le suivi-évaluation du Projet sont assurés par l’Unité de Coordination du Projet (UCP) sous la supervision du Comité de Pilotage (COPIL).

La stratégie de mise en œuvre des activités opérationnelles du Projet repose sur le faire faire. A cet effet, des Agences d’Exécution du secteur public et des Partenaires du secteur privé ont été responsabilisés pour la conduite de ces activités. Ce sont le Projet Travaux Routier à Haute Intensité de Main d’œuvre (PTR-HIMO), la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF), l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE) et la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF).